The amazing Amazing Spiderman

Je vais commencer par une confession, comme ça, pas de cachotterie entre nous, pas de non-dits pas de silence et pas d’interrogations inutiles : je ne suis pas vraiment intime avec les Marvel. C’est comme ça. Je pense qu’on aurait pu s’entendre mais j’ai préféré lire la collection entière d’Alice détective en bibliothèque verte. Et emprunter tous les Hercule Poirot au CDI de mon premier collège.

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(Et je ne m’en cache même pas)

Par contre, j’ai regardé la plupart des films tirés des comics. Oui, même Daredevil. Du coup, Spidey et moi on se connaît un peu, j’ai vu et revu la trilogie de Sam Raimi, je connais le topo de base. Un jeune homme plutôt intelligent se fait piquer par une araignée plutôt cheloue et il développe des aptitudes plutôt cools telles qu’une force décuplée, des réflexes ultra-rapides ou une peau plus antidérapante que des pneus Goodyear. Dans les films de Raimi, Tobey Macguire incarnait le héros, il était confronté à plein de méchants genre le Bouffon Vert ou Doctor Octopus. Il tombait amoureux de Mary-Jane et avait une relation en dent de scie avec son meilleur ami Harry.

The Amazing Spiderman n’est pas une suite, c’est un reboot. On reprend tout depuis le début.

Premièrement, le réalisateur : Marc Webb est aux commandes. On le connaît pour (500) days of Summer principalement, une comédie romantico-dramatique, rien à voir avec un film de super-héros mais il avait su y mettre sa patte. Cette fois-ci, pour les besoins du genre, il a dû se mettre un peu en retrait et il est difficile de ne pas faire du déjà fait. Evidemment la scène où Spidey se balance à toute barzingue entre les buildings est incontournable d’autant plus qu’il faut justifier le budget 3D qui crée quelques effets sympas. Une nouveauté, me semble-t-il, certaines de ces scènes sont filmées dans le but de donner l’impression au spectateur qu’il est Spiderman mais pour le coup la 3D n’est pas assez chiadée pour que ce soit vraiment appréciable. Mais sinon, Marc Webb a su mettre en scène les émotions d’un Peter Parker adolescent en y rajoutant une bonne dose d’humour.

Deuxièmement, la bande originale : la trilogie de Sam Raimi avait été dotée d’une bande son créée par Danny Elfman et, si ce n’était pas la première fois que les deux hommes travaillaient ensemble, il est utile de rappeler que le compositeur est célèbre pour ses collaborations avec Tim Burton. Un cadre où il rayonne, rajoutant du bizarre à la bizarrerie des images et rattachant l’univers original créé visuellement par le réalisateur à une atmosphère sonore tout aussi particulière. Il avait bien sûr fait son taf pour la trilogie de Raimi sans toutefois y mettre un petit plus propre à lui-même. The Amazing Spiderman propose une toute autre option avec une B.A. made in James Horner, entendu, entre autres dans Titanic, Braveheart ou Avatar (rien que ça). Les procédés de base utilisés sont les mêmes, par exemple action = percussion. Mais. Horner rajoute un petit quelque chose de symphonique qui transforme une aventure en épopée, un combat sans envergure en une bataille historique. Bref, un petit quelque chose qui transforme un adolescent maladroit en super-héros adulé.

Troisièmement, l’intrigue : ce film prend un aspect plus psychologique, s’intéresse notamment aux parents de Peter Parker, à leur départ précipité et à la relation que le jeune garçon entretient avec Oncle Ben et Tante May qui l’ont recueilli. Il est basé sur une double recherche de repères à la fois familiaux et individuels au moment où le jeune Peter est en train de se forger une identité propre. Sinon, on en apprend un chouïa plus sur le principe scientifique qui fait que Peter peut marcher au plafond. Et enfin, un détail qui n’en est pas un pour les puristes d’après ce que j’ai pu voir, cette fois-ci Spiderman ne produit pas lui-même sa toile, il crée un mécanisme qu’il fixe sur son costume. Pour le reste, y a Spiderman et un méchant, now fight.

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Quatrièmement, les personnages : Pas tous hein, Peter Parker est toujours là, gné. Par contre, exit Mary-Jane, la bonne-amie de Spidey est Gwen Stacy, une blondinette dont le papa, chef de la police est à la recherche de notre ami escaladeur de bâtiments. C’est tout à son honneur, elle est beaucoup moins niaise que MJ, drôle, intelligente, dynamique, même si elle porte des chaussettes cheloues. Sans oublier qu’on croise le chemin d’un nouveau méchant qui en plus a un lien avec le père disparu de Peter Parker. Tellement de mystèèèèères.

Cinquièmement, les acteurs : Andrew Garfield endosse le costume de l’homme araignée. Ce n’est pas un habitué des rôles physiques, on l’a plutôt vu dans des registres plus cérébraux et dramatiques avec des seconds rôles remarqués dans The Social Network et The Imaginarium of Doctor Parnassus et des prestations remarquables dans Never Let Me Go et Boy A, un téléfilm britannique (il me semble utile de rappeler que les téléfilms anglais n’ont en rien à voir avec les bouses sans nom que nous avons l’habitude de zapper ici-bas). Il est soutenu par la pétillante Emma Stone (Zombieland ; Crazy, Stupid, Love), ou encore Rhys Ifans mais il faut bien avouer que c’est à lui que revient le plus gros du boulot. Et faut bien avouer qu’il est super attachant avec ses mimiques toutes gouzies-gouzies (oui, Word m’a demandé d’accorder gouzi-gouzi) et sa timidité toute choubidoubidoue. Il campe parfaitement la fragilité d’un jeune adulte aux multiples interrogations. Il forme avec Martin Sheen, qui joue son oncle, un duo crédible dans ce qu’on comprend être une relation complice et affectueuse. Il est assez appréciable de voir que les rôles secondaires ne font pas que de la figuration et que leur influence sur le héros soit montrée à l’écran.

Alors voilà, j’aurais bien aimé ne faire aucune comparaison avec la trilogie de Raimi mais le court laps de temps entre les deux sorties rend cette résolution impossible à tenir. Le public cible est identique, constitué sensiblement de la même génération aussi une mise en parallèle des deux adaptations est inévitable. Cependant il serait malvenu et injuste de ne juger The Amazing Spiderman que par rapport aux films sortis précédemment, de même qu’il serait dommage et imprudent de se forger une opinion en ne prenant en compte que la façon dont les comics d’origine ont été réinterprétés. Je sais c’est facile à dire pour quelqu’un qui ne les a pas lus. Toujours est-il qu’indépendamment de toutes ces choses qui gravitent autour de lui, The Amazing Spiderman est un bon film de super-héros, drôle, divertissant, dynamique, émouvant avec un personnage principal à la fois profondément, ordinairement humain et extraordinairement exceptionnel, qu’on s’approprie, auquel on s’attache, on s’identifie et qui nous fascine toujours.

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