Snowpiercer : la lutte des classes dans un train dystopique

Je dois bien avouer que le titre ne m’inspirait pas trop. Et que j’ai un peu été forcée pour aller le voir. J’ai eu tort de trainer des pieds. Allez-y, c’est bien.

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Gogogogogogogo !

Un univers, un méchant, un gentil, une cause, une guide, des combats… il ne faut pas grand-chose pour faire un film d’action. Là où Snowpiercer est un bon film d’action, c’est qu’à tout cela sont ajoutés un scénario aux détails travaillés, des personnages aux backgrounds étudié et mis en valeur par une réalisation rythmée et intelligente. Il faut dire que le récit a de quoi être passionnant, le film est tiré d’une bande dessinée imaginée en 1977 par le scénariste Jacques Lob et l’auteur-dessinateur Alexis. Après la mort de ce dernier, c’est finalement avec Jean-Marc Rochette que sera publié l’ouvrage en 1981.

2014. Afin de stopper les effets du réchauffement climatique, les grandes puissances mondiales ont décidé de verser un produit chimique dans l’atmosphère. Les effets sont beaucoup plus appuyés que prévus : en un rien de temps, la terre se retrouve plongée dans une nouvelle ère glaciaire. La température chute, la végétation meurt, tout la vie disparaît. Toute ? Non. Un peu avant le lancement de l’opération, un visionnaire un peu fou du nom de Wilford a décidé de construire un train, énorme et autosuffisant, où pourrait survivre une partie de l’humanité, perpétuellement lancée à pleine vitesse.

561715-transperceneigeC’était il y a 17 ans et le train avance toujours. Une microsociété s’est formée au sein des wagons. A l’avant, les riches abreuvés d’alcools et de mets, embrigadés et empâtés. A l’arrière, les pauvres, les opprimés, sales et entassés, nourris de protéines en barres flasques et gélatineuses. « And so it is », assènent les officiels.

Sauf que tout cela n’est pas du goût de Curtis, un barbu dur aux muscles saillants. Aidé de son mentor, Gilliam et des messages rouges d’un mystérieux assistant, il fomente une rébellion afin de donner plus d’importance  aux laissés pour compte. Son but : remonter les wagons jusqu’à atteindre les réserves d’eau et disposer de quoi parlementer avec Wilford, le grand manitou. Curtis s’entoure d’Edgar, un jeune insurgé fougueux qui le prend pour modèle, Tanya, une mère enragée prête à tout pour récupérer son fils, de Namgoong Minsu, l’homme à l’origine du système de sécurité du véhicule, emprisonné à cause de son addiction pour une drogue à base de déchet toxique et de Yona, sa fille, tout aussi droguée que lui, qu’il refuse de laisser derrière.

Chris Evans quitte le costume lisse et sans accroc de Captain America pour enfiler le bonnet miteux de Curtis. Il campe un héros déterminé dont les failles béantes le rappellent toujours à sa condition d’humain limité. Il est magnétique, s’approprie l’espace et s’impose avec un calme froid. Autour de lui, Jamie Bell (Billy Eliott) et John Hurt irradient, l’un par son dynamisme et l’innocence de sa jeunesse, l’autre par sa sagesse et sa profondeur. Octavia Spencer, oscarisée en 2012, vibre de conviction et tous permettent de grandir et d’étoffer le personnage de Curtis sans pour autant en devenir les faire-valoir. En face, la génialissime Tilda Swinton toute en mimiques saccadées symbolise à merveille une élite établie, embrigadée et opportuniste. Un casting en or donc, qui s’épanouit derrière la caméra du Sud-Coréen Bong Joon-ho. Le réalisateur, qu’on avait découvert avec The Host, inscrit son travail dans les mouvements et son jeu avec les lumières est remarquable. Il ne ménage pas le spectateur, le surprend, le peine, le malmène parfois. Suivant sa volonté, son Snowpiercer cahote, vacille mais jamais ne déraille.

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6 réponses à “Snowpiercer : la lutte des classes dans un train dystopique

  1. Quel film ! Je suis dithyrambique sur ce bijou SF qui a beaucoup à dire ! Ma critique http://bit.ly/1eVNhrA l’atteste : je suis fan, fan, fan ! Et je ne l’attendais pas du tout, mais les cinéphiles en parlent beaucoup, et ils ont raison. Quelle baffe ! Belle critique.

  2. Pingback: Bilan 2013 | Pauline C.·

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