Les blagues de caissières

La dernière fois, sur madmoiZelle, je vous parlais des blagues préférées des clients de la grande distribution. Certains d’entre vous, dans le fond, l’ont pris de façon mitigée.

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Vous

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Moi

Je vous entends presque fulminer : « Non mais elle se prend pour qui, elle, elle croit qu’elle est drôle ? » La réponse est oui, je me trouve hilarante. La plupart du temps. Mais faut bien dire qu’on a chacun nos moments de faiblesse. Et moi, malgré mon professionnalisme à toute épreuve, il m’arrive, dans le cadre de mon travail de céder à la blague facile. Je l’avoue. Pardon. Mea Culpa.

Dans ces instants d’égarements humoristiques, je ne fais pas appel à l’originalité. Viennent à mon souvenir des années d’interaction de caisse, accumulées dans ma conception de la société depuis l’âge où j’ai commencé à m’asseoir sur le siège en plastique rouge, à l’avant du caddie. Comme happée par les traditions corporatives, je m’entends prononcer ces phrases, ainsi que l’ont fait des générations de caissières avant moi.

« Oh ! C’est pour moi ?! »

Se dit avec une voix pleine d’enthousiasme lorsqu’un-e client-e nous tend les fleurs qu’il-elle n’a pas voulu abîmer sur le tapis de caisse. Marche aussi avec les bonbons et les chocolats. Accompagné d’un grand sourire pour montrer qu’il y a une blague. ICI. UNE BLAGUE ! JE RILOL !

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Note : Ne fonctionne pas avec la pâtée pour chat, risque d’incompréhension.

« Faites attention, ça repousse pas, hein ! »

Petite moquerie affectueuse destinée aux client-e-s maladroit-e-s qui ont échappé une de leur pièce. Si le destinataire de cette tentative d’humour est sympa, il –elle répondra d’un tonitruant « HAHA ! Ah oui, c’est dommage, sinon, je fais tout tomber ! » Et l’employé-e de caisse, de rebondir « ohhh ben ben, ça fait bien longtemps que j’aurais renversé toute ma caisse par terre, moi ! »

Si vous faites partie des gens qui rigolent, merci de nous soutenir dans ce moment de faiblesse, cela signifie beaucoup pour nous.

« Non, je suis quelqu’un de très très fermé, moi. Mais ma caisse est ouverte. »

Se prononce en réponse à la sempiternelle interrogation des files de caisse : « vous êtes ouverte ? » En même temps, aussi étonnant que cela puisse paraître, les caissières ne sont pas des objets. Peut-être que pour vous ce n’est qu’une métonymie malencontreuse mais sachez que pour les employé-e-s de caisse, c’est plutôt symptomatique du manque de considération sociale de notre profession. (Ouais gros, je suis caissière et je connais des mots de plus de quatre syllabes. Deal with it.)

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Alors que Sofie, là, du coup, elle est plutôt très très ouverte, elle.

« Celle-là, je la prends que si vous me donnez le code qui va avec ! »

Trait d’humour lancé à la volette lorsqu’un-e client-e donne sa carte bancaire au lieu de sa carte de fidélité.

Ça ne marche pas. Jamais.

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JAMMMAIIIIIIIS, tu entends ?

Blague Bonus :

« Non, je travaille pour la CIA, je suis là incognito mais ne vous inquiétez pas, tout est sous contrôle. »

En réponse à « Vous êtes du magasin ? » Avouez quand-même que c’était drôle mais je ne l’ai tentée qu’une fois parce que la cliente à qui j’ai dit ça a eu peur et elle est partie. Et c’est quand-même pas mon but de faire fuir les clients…

Au nom de l’ensemble des caissières, je suis désolée que vous ayez à subir ces coups de mou de l’humour. Un jour, nous arrêterons. Nous serons drôles et joyeux et nous sautillerons sur des cumulonimbus mais avant toutes choses… vous avez la carte de fidélité ?

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11 réponses à “Les blagues de caissières

  1. Le jour où votre job sera plus amusant vous arrêterez les « coups de mou ».. Mais là je vous comprends!!
    Et euuhh ouiii, je suis fidèle :))

  2. Merci !! Après le premier volet humoristique (version client), celui-ci est terrible !!
    Perso je vous donne le code de la carte et un arrosoir 🙂 et celle de la CIA, et bien il faut vraiment la refaire 😀 A mourir de rire !!

  3. Ces choses dont on ne parle jamais comme par exemple : Le conditionnement de la caissière. J’arrive à la caisse avec deux articles. La femme devant moi pousse son caddie avec une bonne trentaine d’articles. Elle me regarde de bas en haut puis de haut en bas et je pense quelle va me dire « Allez y Monsieur, si vous n’avez que ca ! » Que nenni, elle ne dit rien et pose ses achats sur le tapis roulant. Elle pousse ensuite son caddie jusqu’après la caisse. Moi avec ma baguette de pain et ma barre de quatre quarts je m’avance jusqu’à me trouver face à face avec Caroline. C’est la caissière et c’est apparemment son prénom puisque c’est écrit sur sa blouse. Le temps pour l’autre devant de remettre ses courses dans son charriot et de régler ses achats avec une carte bleue, il s’écoule environ quatre minutes. Caroline ne m’a pas encore vu et ne lève pas la tête de son clavier. Seule cette femme devant moi semble être importante. Vous avez la carte du magasin ? Bien sur qu’elle l’à ! Le tiroir de la caisse se referme avec un gling bien connu. Ca va être mon tour. Alors le miracle se produit malgré le fait que je suis devant elle depuis cinq bonnes minutes. Ca y est, elle à levé les yeux et me balance un sourire du genre c’est toi ok, mais ce serait un autre ce serait pareil. Sa bouche s’ouvre et elle me dit bonjour. Je deviens pendant un court instant le plus important. Elle ne me demandera pas si j’ai la carte du magasin parce qu’il faut pour cela un minimum d’achat et moi j’ai trop peu d’articles. Elle encaisse, me rends ma monnaie et me dit merci, au revoir et à bientôt. Caroline lève la tête et dit bonjour au type juste derrière moi. Quel métier passionnant ou il faut avoir le sens du contact. Salut Caro, à la prochaine ! Je m’éloigne vers le parking en pensant juste pour moi qu’il n’y à pas que les marchandises qui sont conditionnées dans le magasin. Tout le monde s’en fout et moi aussi, finalement …

    • En la racontant ainsi, vous donnez à cette scène quotidienne un petit quelque chose d’inoubliable. Malheureusement pour vous, ma collègue (je ne l’appellerai pas Caroline, c’est peut-être son prénom mais elle ne me l’a jamais offert, du coup je trouve un peu illégitime de l’utiliser) n’est pas tenue de faire quoi que ce soit dans votre cas. Et croyez-moi, quand vous voyez défiler autant de visages inexpressifs, qui vous regardent (physiquement et, souvent, socialement) de haut, les seules choses que vous avez envie de voir passer plus vite, ce sont les heures, pas les clients.
      Mais vous avez raison, nous sommes conditionnés. Les caissières à suivre un protocole, les ouvriers à travailler à la chaîne, les clients à penser qu’ils sont rois, les commerçants à sourire hypocritement et chaque individu à être persuadé qu’il est remarquable, qu’il doit être remarqué et recevoir un traitement unique.

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