La vie de l’homme, Yves Saint-Laurent

A l’école, quand on me demandait d’écrire un portrait, on me demandait souvent de « CHOISIR UN ANGLE BON DIEU ! » Plus qu’un conseil bienveillant, c’était un incontournable, le b.a.-ba, la base et croyez-moi, qu’importe le style, qu’importe la qualité des anecdotes, si ce que j’écrivais n’avait pas d’angle c’était la bâche assurée.

YSL---Pierre-Nimey
Accompagnée d’un regard réprobateur et tout et tout.

Sans doute n’écrit-on pas un article et un film de la même manière, n’empêche que dans le biopic Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert (Des Vents Contraires), il m’a manqué un angle, un fil rouge, un point de vue, une mise en lumière filée et cohérente. Je ne dis pas que le film n’est pas cohérent, il l’est. Bien qu’ayant comme point de départ la vente aux enchères, en 2009, des œuvres que Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent avaient accumulé au fil de leur vie commune, il se déroule de façon linéaire et chronologique et permet de connaître la vie d’un personnage incontournable de la haute couture.

Linéaire et chronologique, c’est un peu impersonnel, ça, comme choix narratif. C’est un traitement  sans risque et sans panache qui peut s’appliquer à la vie de tout le monde et – surtout- de n’importe qui. Et Yves Saint-Laurent n’était pas n’importe qui, en témoigne l’empreinte qu’il laissé sur le monde de la mode. Il y a beaucoup de choses à dire sur lui et c’est bien ça le problème. A trop vouloir en montrer, on ne montre qu’en surface, on n’approfondit pas, on effleure mais on ne s’implique pas ; on s’approche mais on ne s’attarde pas. Ce film est un fourre-tout. On y parle de mode, d’homosexualité, de sexe, de la guerre d’Algérie, de drogue, d’amour, d’art.

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Mais attention, c’est un fourre-tout plaisant. L’absence de rythme de la réalisation est rattrapée par une bande originale bien exploitée. Mais surtout, surtout, les prestations de Pierre Niney et de Guillaume Gallienne, respectivement pensionnaire et sociétaire à la Comédie française sont époustouflantes. Le premier est métamorphosé en un Yves Saint-Laurent plus vrai que nature, avec un travail colossal sur le phrasé, la diction, la prestance. Le moindre geste, la moindre intonation est travaillée pour un résultat proche de la perfection. Le second campe de façon juste et discrète un Pierre Bergé en soutien de l’ombre mais omniprésent. Séparément, ils scintillent, ensemble, ils brillent carrément. Leurs interactions respirent la sincérité et la complicité. En une phrase, Pierre Niney et Guillaume Gallienne sont les deux principales raisons d’aller voir le film. Et ce sont deux excellentes raisons de se déplacer.

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2 réponses à “La vie de l’homme, Yves Saint-Laurent

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