Le vent se lève pour Miyazaki, il faut tenter de vivre.

Avant toute chose, il faut que je vous dise que le manga et le travail de Miyazaki en particulier n’est pas un univers vers lequel je suis attirée naturellement. Pourtant, j’apprécie le dessin, le scénario aussi souvent, je suis impressionnée par ce que je vois et la qualité de la création, aussi bien dans l’écriture que le dessin. Donc voilà, vous lisez l’avis d’une novice en la matière, ne m’en veuillez pas.

tumblr_mzzcfk3lHE1ruc4b4o1_500
Sympa comme entrée en matière, non ?

Le vent se lève est la nouvelle production du studio Ghibli, dont Hayao Miyazaki est le cofondateur. Le mangaka a annoncé en septembre que ce serait le dernier anime qu’il ferait donc il est présenté comme un film testament. Cette qualification est d’ailleurs plutôt juste puisqu’il s’agit de l’histoire d’un homme dont le rêve le pousse à aller de l’avant. Le titre-même est une incitation à tourner la page. Première partie du premier vers de la dernière strophe d’un poème de Paul Valéry, Le cimetière marin, il est suivi de « Il faut tenter de vivre ! », une interjection qui est lancée, en français dans le texte, dans le film, par ailleurs.

le-vent-se-lève1
Ainsi qu’il est possible de le voir sur cette photo du sujet, Jiro a des avions plein la tête. Et des gros problèmes de myopie.

Tenter de vivre, c’est ce que fait Jiro Horikoshi, un jeune garçon qui rêve de construire des avions. Sous la tutelle onirique du crack de l’aéronautique Caproni, il devient lui-même ingénieur et entre dans l’une des plus grandes entreprises japonaise en ce qui concerne la construction d’avions. Sauf que tout cela se passe aux alentours des années 30 et que la production doit se faire avant tout à des fins militaires, ce que Miyazaki Jiro ne cautionne pas trop. Pourtant, il met son génie au service de l’effort de guerre. Parce qu’il n’a pas trop le choix, aussi, faut dire. Travailleur, minutieux, consciencieux (non, ce n’est pas le début d’une lettre de motivation), il passe son temps sur ses plans de carlingues et met de côté les autres aspects de la vie. Comme la famille ou… l’amûÛûr. Cependant, l’amour semble, comme l’inspiration, capricieux et doté de sa volonté propre : il apparaîtra de lui-même en la personne de Naoko avec son lot de surprises et de coups du destin.

Bercé par une musique légère, le résultat est aérien et poétique et pour cela il peut ne pas être prenant. Le personnage principal, idéaliste et rêveur peut être vu comme inaccessible ou manquant d’empathie. En réalité, ce que Miyazaki montre, c’est que le créateur vit par et pour sa création.

On peut voir une métaphore de la condition d’artiste selon Miyazaki dans les choix de vie des deux personnages principaux. Le choix de Miyazaki de s’arrêter ici peut être résumé en deux situations : celles du passionné Jiro à qui son modèle assène « la création dure dix ans » et celle de Naoko qui [SPOILER] préfère partir pour ne laisser que de bons souvenirs [/SPOILER]. Et malgré ça, « Il faut tenter de vivre ! »

#PointMyope : Jiro a les même lunettes que moi, je suis fière, fière, fière et du coup j’ai développé beaucoup d’empathie pour ce garçon.

Publicités

Une réponse à “Le vent se lève pour Miyazaki, il faut tenter de vivre.

  1. Pingback: Oscars 2014, c’est parti ! | Pauline C.·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s