Dallas Buyers Club, à voir

Bon allez, soyons directs, Dallas Buyers Club, sorti le 29 janvier, est un film à voir absolument, notamment pour la prestation de Matthew McConaughey.

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C’est pas la première fois qu’on voit Matthew dans un rôle de cow-boy, mais cette fois-ci ça vaut le détour.

Nous sommes en 1985 à Dallas. Ron est ce qu’on pourrait appeler, plutôt vulgairement, je vous l’accorde, un connard amateur de productions locales : le whisky, le rodéo et les jolies filles. Il consomme ce cocktail à foison, sans limite, sans règle et sans modération, accompagné, de temps en temps d’un petit rail de coke histoire de faire passer le tout. Hashtag comportements à risque.

On est dans les années 80, il fréquente des gens pas très réglo pour faire des choses pas très approuvées par la morale, devinez donc qui va pointer le bout de son nez ?

Le VIH, parfaitement. On lui donne 30 jours à vivre.

Le déni. Pour Ron, les docteurs se trompent.

Colère.  Non mais vraiment, ils se trompent, putain, c’est pas un putain de pédé (oui, j’avais dit que c’était un connard, en plus il est vulgaire, homophobe et ignorant).

Marchandage. Si il donne des sous, peut-être qu’il peut prendre des médicaments pas encore commercialisés et comme ça il aura plus le VIH (c’est pas possible, monsieur, qu’on lui dit mais à sa décharge, on est dans la période de l’obscurantisme du SIDA, je rappelle, hein.)

Dépression. Râle rauque et reclus sur route retirée. (Oui, c’est un tautogramme.)

Acceptation. Non, le SIDA n’est pas « une maladie de pédé ». Oui, Ron a le SIDA. Non, il n’y a pas de traitement possible et le médicament qui est en train d’être testé aux Etats-Unis par la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) n’est pas une solution. Oui, il va mourir, mais avant ça, il aimerait vivre un peu. Avec l’aide de Rayon, un travesti lui aussi touché par la maladie, il crée le Dallas Buyers Club qui met à disposition des malades, des produits non commercialisés aux Etats-Unis qui peuvent rallonger leur espérance de vie.

Le SIDA, c’est triste, comme sujet. C’est grave, c’est sérieux, c’est dramatique. Pourtant, Jean-Marc Vallée parvient à traiter le thème sans être lourd et pathétique. C’est fluide, c’est parfois drôle, c’est émouvant mais jamais larmoyant. C’est à dimension humaine et l’implication du spectateur est rendue possible à la fois par la réalisation, à base de plans serrés et de séquence traveling dans les moments importants et la prestation sans défaut des acteurs.

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D’abord un mot sur Jennifer Garner. C’est loin d’être mon actrice favorite. Elle porte quelque chose sur son visage de net, sans bavure, enfantin, naïf, presque plat, accentué par des manières délicates et affectées qui, à mes yeux, rendent ses personnages insipide et sans intérêt. Et bien ce visage et cette manière de jouer qui lui confèrent une aura proche du genre de perfection qui est tellement parfaite que c’en est énervant pour le commun des mortels, est celui qu’il fallait au docteur Eve Saks. Une autre actrice aurait pu jouer sans trop de problème l’intérêt, la gentillesse, l’affection et la volonté de prendre soin des autres. Dans le cas de Jennifer Garner, c’est comme si c’était inscrit en elle.

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Ensuite, Jared Leto. Ce type est un caméléon. Il aime se transformer, brouiller les pistes, changer de peau. En général, son corps, sa voix, ses déplacements sont justes. C’est vrai aussi pour Rayon. Il livre une prestation remarquable, qui lui a permis de rafler une vingtaine (rien que ça) de récompenses aux Etats-Unis dont le Golden Globes et le Screen Actor Guild Award du meilleur acteur dans un second rôle. Il est aussi nominé (et fait partie des favoris) pour l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle face à Michael Fassbender (12 years a Slave), Bradley Cooper (American Hustle), Jonah Hill (The Wolf of Wall Street) et Barkhad Abdi (Captain Phillips).

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Enfin, évidemment, Matthew McConaughey. Il incarne Ron dans ses forces et ses faiblesses. Il est lui dans ses relans d’homophobie, dans son ignorance et dans ses peurs, Sur son visage se sculptent les angoisses, les peines, les espoirs, les addictions et tout cela laisse des marques, du petit sourire qui se dessine à la ride qui se creuse. Ses transformations physiques sont impressionnantes mais ce sont ses qualités d’acteur qui font que le spectateur est happé, impliqué et profondément touché. La prestation de Matthew McConaughey est bluffante. Elle mérite d’être encensée et récompensée. Qu’on se le dise, un oscar ne serait pas de trop.

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3 réponses à “Dallas Buyers Club, à voir

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