Diplomatie, qu’est-ce qui pourrait sauver Paris ?

Vous aussi vous avez Daniel Balavoine dans la tête ? Non ? Voilà de quoi y remédier.

Sans transition.

Que s’est-il passé dans la nuit du 24 au 25 août 1944 pour que le Général von Choltitz, nommé gouverneur de Paris par Hitler quelques semaines plus tôt, refuse de détruire Paris ?

Les ordres, pourtant, étaient précis : faire de la capitale française un champ de ruine et emporter dans la destruction des bâtiments centenaires ses habitants. L’enjeu était lui aussi particulièrement clair : selon la Sippenhaft, introduite à la suite de l’assassinat manqué d’Hitler le 20 juillet 1944, une défection de la part d’un officier nazi entraînait de façon presque automatique l’emprisonnement et l’exécution de sa famille.

Les ponts de Paris étaient minés, la menace sur les siens était palpable pourtant, von Choltitz en connaissance de cause, n’a pas donné l’ordre de destruction. C’était un calcul, selon Paris brûle-t-il ?, une tentative de se faire bien voir des alliés dont la victoire était inévitable.

Le film de Volker Schlöndorff apporte une autre réponse à la question : von Choltitz ne voulait pas détruire Paris parce qu’elle était trop belle pour être soufflée par les bombes. Et pour se rendre compte que c’était ça ce qu’il pensait pour de vrai, Raoul Nordling, un consul suédois a dû combattre une à une ses convictions et le convaincre qu’il ne voulait pas être à l’origine de ce cataclysme.

Le film est une fiction. C’est important à souligner d’autant que des images d’archives sont utilisées pour documenter le contexte et que les personnages sont réels : ils se sont rencontrés et ont eu tous deux un rôle à jouer dans la libération de Paris. Là s’arrêtent les faits historiques. Le reste sort de l’imagination de Cyril Gély dans sa pièce de théâtre de 2011, dont le film de Schlöndorff est l’adaptation. Le réalisateur a d’ailleurs pris le parti de garder le huis-clos de la pièce. La majorité des scènes se passe dans la même suite de l’hôtel Meurice, à deux pas des tuileries et de la place Vendôme. Les déplacements ont été adaptés, bien sûr : ici il n’est pas nécessaire de ne pas tourner le dos au public et les mouvements de caméra permettent une palette d’actions moins monotones. Cependant, ils restent simples, efficaces, pour laisser la part belle aux dialogues et, surtout, aux acteurs.

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© Gaumont Distribution

Niels Arestrup et André Dussolier, qui avaient tenu les rôles principaux sur scène crèvent l’écran. Ils semblent connaître leurs personnages sous la moindre couture et font sonner de manière crédible des textes écrits pour le théâtre. Dans ce bras de fer psychologique, c’est à celui qui lâchera le premier et chacun parvient à montrer la nature profonde de la personne qu’il habite. Comme dans une partie d’échec, on voit chaque argument s’avancer, les stratégies se dessiner, les joueurs en changer. Au final le seul problème de ce huis-clos psychologique qui tient en haleine, c’est qu’il laisse à penser que tout cela s’est réellement passé.

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