Méto, trilogie dystopique pour jeunes ados

Méto ne sait pas quel âge il a. Il ne sait pas grand-chose en fait. Comme tous les enfants de la Maison, il apprend ce qu’on lui demande d’apprendre. Il connaît un peu de géographie, l’anatomie du bétail. Il connaît les règles de l’Inche, ce sport barbare où les membres d’une équipe doivent, en se servant uniquement de leur bouche, se passer une balle en mousse et l’envoyer de l’autre côté du terrain. Tous les coups sont permis. Heureusement, l’entraînement physique des enfants, Petits comme Grands est intensif.

Ce que Méto ne connaît pas, en revanche, outre son âge, c’est son origine. Comme tous les Enfants, il est arrivé ici alors qu’il n’était encore qu’un Petit, sans aucun souvenir de l’avant. Il n’a pas le droit de poser de question. Les Césars, les gardiens, seuls adultes de la maison avec les soldats, ces brutes déformées, sont clairs avec ça. Et si on ne suit pas les règles, zou ! au frigo !

N’empêche, Méto s’interroge : qui est-il ? Qui sont Paulus, Octavius, Crassus…, les autres enfants ? Que deviennent-ils une fois qu’ils sont trop grands ? Où sont-ils ? Pourquoi n’ont-ils pas le droit de sortir ?

Méto est bien décidé à résoudre ces mystères. Quand il apprend que les choses sont sur le point de changer, il n’hésite pas à se porter volontaire afin de plus en découvrir sur La Maison, L’île et même Le Monde.

trilogie-méto Les dessins de couvertures sont signés Thomas Ehretsmann. 

La trilogie a été écrite par un instituteur, Yves Grévet. Elle est sortie entre 2008 et 2010.

D’un point de vue personnel, je n’ai pas adhéré à l’écriture, lui trouvant un rythme monotone et une syntaxe parfaitement scolaire, même dans les discours direct. Les phrases courtes, impeccablement formulées, concises et toujours pertinentes peuvent sonner faux dans la bouche de jeunes ados. Tout est contrôlé, l’univers est maîtrisé au détail près, le scénario coule sans anicroche : tout est très bien ficelé… trop bien peut-être. Les actions parfois trop bien amenées créent un manque de spontanéité.

Pour autant, grâce à cela, la trilogie d’Yves Grevet est particulièrement adaptée à son public de base, les ados et pré-ados. La trame est facilement compréhensible par un jeune lecteur, les situations sont expliquées tout en  gardant un minimum de mystère pour les novices. On ressent à la lecture de ces ouvrages une bienveillance constante envers les enfants, dans la description de leurs comportements. On comprend qu’Yves Grévet a transmis à Méto sa volonté de partager ses savoirs, de les accroître, de comprendre et de faire comprendre.

L’auteur parvient à décrire avec des mots simples un monde compliqué et un contexte difficile. Il ne tombe pas dans le pathos et réussit à écrire des scènes d’action à la fois vivantes, prenantes et édulcorées de détails trop effrayants. Malgré un héro quelque peu naïf et idéaliste (après tout il n’a pas plus de 14 ans), les personnages et les configurations ne sont pas manichéens. En plus, l’air de rien, Yves Grévet retient l’attention de son lecteur en semant çà-et-là des énigmes à résoudre (même à 25 ans, je me suis régalée avec les anagrammes mais je ne vous en dis pas plus). Enfin, cette trilogie aborde des thèmes forts comme la justice, l’amitié, l’identité, la famille, l’autorité, le pouvoir et dessine à la fois les contours d’une dystopie et d’une utopie, montrant à quel point la frontière entre les deux est fine.

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8 réponses à “Méto, trilogie dystopique pour jeunes ados

    • oui, j’y ai pensé aussi en le lisant. Mais les styles sont vraiment différents, notamment dans l’écriture. Et puis Méto est carrément plus compartimenté que le Maze Runner.

      • En même temps, si l’auteur est instit, le style doit être obligatoirement différent de Dashner, qui était plus dans les finance, apparemment…
        En tout cas, Méto ne m’attire pas du tout (et vu la liste que j’ai à lire déjà, je ne vais pas le mettre dedans…)

      • J’aime bien lire des trucs pour les plus jeunes, dès fois. Ça évite de trop se prendre la tête (enfin, quand on lit le Trône de Fer, tout parait simple à côté ^^ »)

      • En ce moment, je n’arrive pas à avancer dans Game Of Throne. Lire les 4 intégrales à suivre est une mauvaise idée. C’est dur de tout digéré. Pourtant, j’adore toujours autant ^^ »

  1. Pingback: Bilan 2014 | Pauline C.·

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