Love Letters to the Dead, Le Monde de Laurel

Laurel vient d’entrer au lycée. Elle n’y connaît personne. Normalement, elle devait aller au lycée de sa sœur, May, mais elle ne voulait pas. May est morte et le regard plein de pitié des gens qui la connaissait la révolte. Alors elle reste seule, elle regarde les autres vivre en espérant, elle aussi, pouvoir le faire. Comme elle n’arrive à se confier ni à son père, complètement apathique depuis l’accident, ni à sa mère qui a préféré s’enfuir vers la Californie, ni à sa tante, grenouille de bénitier, elle décide de s’impliquer à fond dans l’exercice que lui a donné sa prof d’anglais : elle écrit des lettres à des gens morts. Kurt Cobain, Heath Ledger, Judy Garland, Janis Joplin, elle les découvre, les comprend, les compare et s’en inspire. Elle leur parle d’elle, de Sky, de Natalie, Hannah, Kristen et Tristan. Surtout, elle leur parle de May de ce qu’elle, Laurel, a fait, de ce qu’elle aurait pu faire et de ce qu’elle aurait dû faire ce soir-là.

Les lettres, le lycée, le deuil, la musique, la solitude et la sensation d’être en dehors de l’univers dans lequel on gravite… vous vous dites sans doute que ça ressemble grandement à The Perks of Being a Wallflower. Et vous avez raison. D’ailleurs, ce n’est pas réellement une surprise. Ava Dellaira a écrit cet ouvrage alors qu’elle était producteur associée du tournage de l’adaptation du livre. Stephen Chbosky, auteur de The Perks… et réalisateur de son adaptation cinématographique est d’ailleurs celui qui l’a encouragée à écrire son propre roman.

Le cadre, les personnages, les rebondissements sont à peu près les mêmes dans les deux ouvrages. Tous deux sont bercés par des playlists de choix même si elles ne datent pas de la même époque. Les thèmes abordés sont également identiques : la mort, l’adolescence, la culpabilité, les abus, la famille, l’acceptation de soi. Pour autant, Love Letters… n’est pas une copie de The Perks…, les deux livres sont plutôt complémentaires. Le texte d’Ava Dellaira se démarque de celui de Stephen Chobsky par son attachement à la réalité. Là où Charlie est détaché, totalement passif, Laurel agit, se débat, principalement contre elle-même d’ailleurs. Là où Charlie observe, Laurel comprend. Charlie oublie, Laurel se taît et surtout, Laurel se livre totalement là où Charlie se contente d’insinuer.

Moins subtil, moins rêveur, Love Letters to The Dead reste une ode bouleversante à l’amour fraternel et aux icones déchues.

Le livre, disponible en anglais depuis le début du mois d’avril, sortira en Français le 15 mai chez Michel Lafon.

– Even losing you (the joking voice, a gesture
I love) I shan’t have lied. It’s evident
the art of losing’s not too hard to master
though it may look like (Write it!) like disaster.

Elizabeth Bishop – One Art

 

Le 27/05 : selon le site Deadline.com, la société de Production Fox 2000viendrait d’acquérir les droits du roman d’Ava Dellaira pour un film éventuel. L’auteure écrirait le scénario.

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2 réponses à “Love Letters to the Dead, Le Monde de Laurel

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