X-Men : Days of Future Past, valse temporelle parfaitement maîtrisée

Dans un futur pas si lointain, une poignée de mutant survit précairement. La plupart d’entre eux sont morts, de-même que les non-mutants qui se sont montrés favorables à leur sort. Parmi les survivants,  Wolverine, Tornade, Shadowcat, quelques autres et Magnéto et le Professeur X, les deux frères ennemis, qui ont fait la paix pour l’occasion. C’est trop tard, cela dit, beaucoup trop tard : une armée de sentinelles fait route vers leur retraite.

Leur ennemi, cette fois, est plus fort qu’eux. En effet, les sentinelles sont des robots qui ont la capacité de s’adapter à leur adversaire, en changeant, par exemple la consistance de leur armure ou en invoquant le feu pour combattre la glace. Surtout, ils repèrent les mutants grâce à un détecteur intégré.  Ces machines ont été créées dans les années 70. Elles sont sorties tout droit de l’imagination de Bolivar Trask, un scientifique qui voit dans les mutants une occasion exceptionnelle de rallier l’humanité en tant qu’espèce en offrant à tous les peuples un ennemi commun. Paradoxalement, c’est sa mort qui va tout déclencher en convaincant l’opinion publique et le président des Etats-Unis du bien-fondé de son programme. En effet, son assassin est un mutant, et pas n’importe lequel : Mystique, ex protégée de Charles-Xavier qui a décidé de faire route avec Magneto dans la voie violente qu’il s’est tracé.

La seule solution, pour les mutants survivants, est d’envoyer Wolverine, le seul qui pourrait survivre au voyage, dans le temps afin d’empêcher Mystique de tuer Trask. Pour ça, il devra s’entourer du Professeur X et de Magnéto de l’époque. Ce ne sera pas une mince affaire de les convaincre de son identité et de la nécessité de travailler ensemble.

C’est super casse-gueule à traiter cinématographiquement, la boucle temporelle. Une seule erreur, une seule longueur et le rythme tombe à plat réduisant à néant le travail des scénaristes pour tout faire tenir debout et adapter à l’écran le travail de l’équipe Marvel qui a publié le comic en 1981.Eh bien des erreurs, des longueurs, il n’y en a pas : Bryan Singler s’en sort remarquablement. Il jongle entre les époques, valse avec le temps (on note la scène absolument géniale avec Quicksilver dans les cuisines du Pentagone), il ne fait pas un seul faux pas et se comporte en meneur hors-pair.

On ne s’ennuie pas une seconde, on comprend les enjeux, le pourquoi du comment. C’est cohérent, drôle et l’ajout de mutants jusque-là inconnus au cinéma donne au spectateur l’occasion d’admirer des chorégraphies de bataille plutôt inédites. Si l’on est habitué à la souplesse assassine de Mystique, aux coups d’éclats tonitruant de Tornade et à la philosophie de combat bourrine de Wolverine, la technique utilisée par Blink, qui crée des portails de téléportation, a été exploitée de manière judicieuse. Elle donne un tout autre intérêt aux chorégraphies collégiales.

Blink

Cependant, il n’y a pas que l’action qui compte. Days of Future Past repose sur un scénario béton notamment parce que les motivations des personnages sont claires et définies. Ils ont des lignes de conduite ultra-simple (« Je dois sauver le monde ! », « Je dois assurer la suprématie des mutants ! », « Les mutants, tous méchants ! », « J’y vais mais j’ai peur ! ») (je vous laisse deviner à qui chaque affirmation correspond) et c’est ça qui rend les oppositions et les enjeux, d’une part compréhensibles et surtout crédibles.

X_Men_Days_of_Future_Past_35442

Le fait que les personnages, même secondaires, soient interprétés par des acteurs dont le talent n’est plus à prouver (Ian McKellen, Patrick Stewart, Jennifer Lawrence, James McAvoy, Michael Fassbender, Peter Dinklage, Ellen Page, Omar Sy, pour ne citer qu’eux) rajoute à l’efficacité du film : même dans les moments de calme et chargés d’émotion, l’intensité ne faiblit pas. Le retour d’anciens personnages de la franchise (et pour cela on apprécie que les acteurs aient accepté de ré-enfiler leur costume) prévoit encore des surprises pour la suite, X-Men : Apocalypse, prévue pour mai 2016 et dont le méchant est brièvement présenté à la fin du générique.

Publicités

7 réponses à “X-Men : Days of Future Past, valse temporelle parfaitement maîtrisée

  1. Tes reviews font quand même nettement plus philosophiques que les miennes !
    Et j’aime beaucoup le « des lignes de conduite ultra simple » (et pourtant si vrai). Je crois que j’ai repéré tout le monde d’ailleurs.
    Tu ne peux pas savoir à quel point c’est extrêmement dur pour moi de ne pas y retourner, et ta review ne m’aide absolument pas !

    • Haha ! Déformation professionnelle ! (non en vrai si j’avais voulu être philosophique, j’aurais parlé du parallèle non-dissimulé entre les mutants et le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis et je me serais interrogée, comme la journaliste de l’Evening Standard, si dans les voies suivies pour combattre la ségrégation, Mystique n’incarnerait pas celle d’Angela Davis… http://www.standard.co.uk/goingout/film/xmen-days-of-future-past–film-review-still-light-years-ahead-of-the-competition-9422594.html, à la place de ça, j’ai préféré caler une réplique des Bronzés font du ski parce que nous n’avons pas les mêmes valeurs.)

      Oui moi aussi j’ai très envie d’y retourner et ta review m’a donné envie de revoir tous les x-men depuis le début.

      • J »aurais dû dire littéraire plutôt que philosophique, parce que dès qu’on touche un peu trop à la philo, je décroche, et avec toi, ça n’arrive pas !
        Et puis, la réplique des Bronzés font du ski passe mieux, quand même…

        C’est presque sûre que j’y retournerais quand je reviendrais de France. L’envie est trop présente. Et il va falloir que je me refasse la saga depuis le début, aussi. Ça fait longtemps que je ne l’ai pas regardé.

        (Oh oui, la barbe de James McAvoy…Je lui sauterais bien dessus sauvagement !)

    • J’ai dû faire un choix. C’était soit ça soit la citation des bronzés. Ma crédibilité n’aurait pas pu survivre aux deux ajoutés. J’ai sacrifié une ode à James McAvoy et sa barbe pour l’amour de l’humour lourd.

  2. Pingback: Bilan 2014 | Pauline C.·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s